dimanche 16 août 2015

La diversité culturelle de la région de Kédougou

La nouvelle région de Kédougou est née en  2008 à la suite de la division de la région de Tambacounda en deux. Cette dernière a été créée par la loi 2008-14 du 18 mars modifiant celle de 72-02 du 1er février 1972 portant sur l’Organisation de l’Administration, Territoriale et Locale (OATL). La région de Kédougou est située à 12° et 18° de latitude Nord et 12° 5’ et 13° 5’ de longitude Ouest, sa superficie est de 16896 km2. Kédougou est située au Sud-Est du Sénégal et elle est limitée à l’Ouest et au Nord par la région de Tambacounda, à l’Est par le Mali et au Sud par la république de Guinée Conakry. La population de la région est estimée en 2010 à 129907 habitants avec une densité de 08 hts/km2. Sur le plan administratif Kédougou, compte trois départements, six arrondissements et seize communautés rurales.

La région de Kédougou foisonne d’immenses potentialités culturelles, spécialement avec les minorités ethniques Bassaris, Djallounkés, Bediks, et Coniaguis. Originaires pour la plupart du Mali, ces ethnies vivent quasiment toutes en altitude et dans des zones difficiles d’accès, particulièrement au sud-est et à l’ouest de Kédougou. Elles sont connues pour leurs prestations traditionnelles lors de leurs cérémonies rituelles annuelles ou au cours des festivités folkloriques, mais présentent chacune des particularités expressives du point de vue culturel, social, religieux… Aujourd’hui, malgré la menace de disparition qui pèse lourd sur leurs cultures quant à leur ouverture aux autres, à la modernité, les minorités ethniques
17 parviennent encore à conserver certaines de leurs traditions. Elles se sont regroupées autour d’une association dénommée (Association des Minorités Ethniques) pour la sauvegarde et la pérennisation de leurs cultures. Il n’empêche que présentement, beaucoup d’aspects culturels de bon nombre de ces ethnies ont cédé sous le poids de la modernité, le repli étant dorénavant impossible. S’il est exact que ces minorités ethniques séparément prises s’activent dans la promotion de leurs cultures, il reste incontestable qu’elles veulent dans leur écrasante majorité s’ouvrir aux autres, au monde moderne. Aujourd’hui, toutes ces ethnies à l’exception des Coniaguis, ont fortement intégré l’école française. Mais elles souffrent tout de même d’un manque d’activités génératrices de revenus, d’un manque de financement, surtout pour les populations basées dans les villages lointains. Leur brassage avec les ethnies dites majoritaires poussent beaucoup d’entre eux, femmes et hommes à se convertir en Islam et à changer d’identité. À côtés de ces ethnies, les Peuls et les Malinké, majoritaires dans la région, se font remarquer pour la plupart lors de certaines cérémonies tels que le mariage, la circoncision, le baptême... Ou à travers les manifestations culturelles lors de certaines grandes rencontres (avec les troupes folkloriques). Mais ces deux ethnies restent pleinement modernisées, contrairement aux minorités ethniques. Par ailleurs, les minorités ethniques sont plongées dans le dilemme d’un repli quasi impossible pour la sauvegarde de leurs coutumes et l’ouverture risqué. Toutefois, à tout point de vue, la nécessité d’accompagner ces ethnies dans le sens de préserver leur culture s’impose, si l’on sait que leur disparition va constituer une grande perte pour le pays

Amadou Diop

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